Délégation auprès de la commission de préparation aux situations d’urgence

Le jeudi 20 novembre, l’association Alimentation Juste a saisi la commission de la préparation aux situations d’urgence et des services de protection afin de souligner la nécessité pour la Ville d’Ottawa de financer son plan d’intervention d’urgence en matière de sécurité alimentaire.

Nous vous invitons à visionner l’intervention de la délégation ou à lire la transcription ci-dessous.

Je m’appelle Kate Veinot et je suis ici au nom d’Alimentation Juste, qui est membre du Groupe de travail sur la sécurité alimentaire d’urgence. Nous saluons le travail accompli par cette commission et par le personnel municipal pour renforcer la préparation d’Ottawa aux situations d’urgence, dans un contexte marqué par une instabilité climatique croissante, une multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes, des troubles socio-économiques grandissants et une insécurité alimentaire grandissante au sein des ménages.

Aujourd’hui, je souhaite aborder un seul point, qui revêt un caractère d’urgence : le projet de budget 2026 doit prévoir des crédits spécifiques destinés à soutenir le rôle du secteur de la sécurité alimentaire dans le cadre du plan d’intervention d’urgence de la Ville en matière de sécurité alimentaire.

Le plan municipal de sécurité alimentaire d’urgence, qui est encore en cours d’examen, s’appuie sur un réseau d’organisations communautaires telles que les banques alimentaires, les cuisines collectives, les associations de quartier et les centres de distribution, qui seront mobilisées en cas de crise. Ce sont ces organisations qui sont chargées d’assurer l’alimentation des habitants lorsque les systèmes de base sont perturbés.

Mais à l’heure actuelle, s’attendre à ce que les associations à but non lucratif et les organismes caritatifs puissent simplement « prendre le relais » en cas d’urgence sans disposer des ressources nécessaires pour le faire n’est ni réaliste, ni responsable, ni conforme à la manière dont la Ville finance d’autres fonctions essentielles en cas d’urgence.

Ces organisations fonctionnent déjà bien au-delà de leurs capacités pour répondre, en tant que services sociaux, aux besoins de ceux qui sont confrontés quotidiennement à la faim dans notre ville.
Nous devons tous faire face à une demande sans précédent due à l’inflation, au coût élevé du logement et à des niveaux de financement qui nous permettent tout juste de rester à flot.
Nous comptons tous sur un personnel surchargé et sur des réseaux de bénévoles qui font déjà tout leur possible simplement pour assurer le fonctionnement quotidien.

Demander à nos organisations d’assumer des responsabilités supplémentaires en situation d’urgence sans leur allouer de financement spécifique pour le temps de travail du personnel, la coordination, les charges, l’achat de denrées alimentaires, le matériel ou le transport, c’est condamner le système à l’échec au moment même où les habitants ont le plus besoin qu’il fonctionne.

Je tiens à être clair :
Les organisations à but non lucratif souhaitent apporter leur aide en cas d’urgence.
Nous nous engageons pour le bien-être de nos communautés.
Mais on ne peut pas attendre de nous que nous assumions des obligations d’urgence non financées en plus de notre charge de travail actuelle.

Lorsque nous parlons de préparation aux situations d’urgence, nous parlons de fiabilité.
Nous parlons de systèmes prévisibles qui se déclenchent en cas de besoin.
En cas d’urgence… Nous finançons les services d’incendie. Nous finançons les secouristes. Nous finançons les travaux publics. Nous finançons la police.
Car nous comprenons que la gestion des urgences ne peut pas reposer uniquement sur la bonne volonté.

L’accès à l’alimentation lors de crises ponctuelles n’échappe pas à cette règle.
Il s’agit d’un élément essentiel de la sécurité publique et de la préparation aux situations d’urgence.

Et il doit être financé en conséquence.

Si la Ville souhaite que les associations locales actives dans les domaines de l’information, de l’aide au logement, de l’accompagnement des personnes âgées et de l’aide alimentaire deviennent des partenaires dans le cadre de la réponse alimentaire d’urgence, elle doit alors prévoir un budget en conséquence afin que ces associations sachent que, lorsque nous nous engageons à participer à ce plan, nous le faisons avec la certitude qu’il est financé, coordonné et pris au sérieux.

Pour l’instant, ce n’est pas le cas.

Le projet de budget 2026 offre l’occasion de remédier à cette situation.

Nous demandons à cette commission :

Prévoir une ligne budgétaire spécifique pour les interventions d’urgence en matière de sécurité alimentaire ;

Financer les coûts liés au personnel, aux infrastructures, à la coordination et à l’approvisionnement alimentaire nécessaires pour que les organisations puissent intervenir en toute sécurité et efficacement en cas d’urgence ; et

Collaborer avec les partenaires locaux en 2026 afin de mettre au point un modèle de financement transparent, de manière à ce que les engagements soient clairement définis bien avant que la prochaine situation d’urgence ne survienne.

La solidité du système d’aide alimentaire d’urgence d’Ottawa dépendra entièrement des ressources que nous y consacrerons.
À l’heure actuelle, ce système fonctionne grâce à l’espoir, au bénévolat et à un personnel épuisé.
Ce n’est pas un plan. Et ce n’est pas équitable pour les organisations sur lesquelles repose votre plan d’urgence.

Nous vous invitons instamment à veiller à ce que le budget 2026 reconnaisse l’aide alimentaire d’urgence comme la fonction municipale essentielle qu’elle est… et à la doter des moyens financiers nécessaires pour garantir la sécurité, l’alimentation et le soutien de nos habitants dans les moments les plus critiques.

Nous vous remercions de votre temps et de votre engagement en faveur de la construction d’une ville d’Ottawa plus résiliente.

Newsbites

Programme de démarrage d’une exploitation agricole

Alimentation Juste a mis en place le Programme de démarrage d’une exploitation agricole afin d’accompagner les nouveaux agriculteurs de la région d’Ottawa. En leur offrant un accès à des terres, à des infrastructures et à du matériel partagés, ainsi qu’à des formations, ce programme vise à permettre à davantage de personnes de cette région de créer leur propre exploitation agricole et d’en assurer la réussite.

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